Pour le droit de vote dès 16 ans !

Pour le droit de vote dès 16 ans !

droit de vote 16 ansCe 10 septembre est lancé un débat en faveur de l’abaissement du droit de vote à 16 ans. La proposition est soutenue par-delà les clivages partisans par de nombreux élus, militants associatifs, responsables syndicaux et chercheurs, dont Céline Braconnier (directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et de la Chaire Citoyenneté). Une proposition de loi en ce sens sera débattue à l’Assemblée nationale le 8 octobre prochain. Aujourd’hui est publiée une pétition, cosignée par 30 responsables politiques, 15 organisations et 30 personnalités de la société civile. En  voici le texte et les premiers signataires :

 

Chères jeunes générations,

Chères concitoyennes et chers concitoyens,

Nous sommes des parlementaires, élus locaux, acteurs associatifs et militants, chercheurs ou citoyens engagés. Nous vous sollicitons pour co-signer cette pétition afin de convaincre les décideurs d’instaurer le droit de vote dès l’âge de 16 ans lors de l’examen de cette proposition de loi le 8 octobre prochain.

Cette proposition revient périodiquement dans le débat public. Organisations étudiantes et de jeunesse la portent depuis plusieurs années. Pendant la campagne présidentielle de 2017, des candidats de tous bords s’étaient déclarés favorables à l’extension du droit de vote envers les jeunes. A cette occasion, l’Union Nationale Lycéenne avait posé la question à 57 000 lycéens et 2/3 d’entre eux avaient approuvé la mesure. En 2019, en sortie de Grand Débat National, le Président de la République lui-même s’est dit “prêt” à avancer dans ce sens. Plus récemment encore, trois partis allemands ont remis la question à l’ordre du jour outre-Rhin.

Nous pensons que cette mesure s’impose aujourd’hui, plus que jamais. La crise sanitaire que nous vivons appelle des mesures d’urgence. Mais elle implique aussi des transformations profondes, radicales qui auront des incidences pour les prochaines décennies. Tant sur le plan de l’environnement, de l’emploi, de la santé, de la solidarité, que des finances publiques : vous, qui avez entre 16 et 18 ans, avez toute la légitimité pour vous exprimer, dire ce que vous voulez pour l’avenir, décider de celles et de ceux que vous souhaitez voir porter vos aspirations.  N’est-ce pas bien vous que médias, analystes et responsables politiques ont dénommés la “Génération Covid” ? Le “monde d’après” que nous souhaitons bâtir ne peut se faire sans vous alors qu’il sera le vôtre ! 

Accorder le droit de vote à 16 ans, c’est aussi une réponse à la crise démocratique que nous traversons. Election après élection, nous déplorons l’augmentation de l’abstention. Il est de notre responsabilité de redonner envie de voter. Mais la confiance ne se décrète pas, c’est une relation réciproque : avant de la demander, il faut la donner. Nous entendons régulièrement que les jeunes se désintéressent de la politique. C’est faux : ils se mobilisent dans la rue, dans les réseaux sociaux, dans les lycées ; ils se mobilisent pour le climat, pour les droits des femmes, contre les discriminations. Donnons-leur la possibilité de s’exprimer dans les urnes, au sein même des institutions ! Plusieurs études nous montrent que plus les citoyens prennent l’habitude de voter tôt, plus ils votent régulièrement et durablement tout au long de leur vie.

Il est question, enfin, de rééquilibrer droits et devoirs. Les jeunes de 16 ans sont aujourd’hui considérés majeurs juridiquement dans un grand nombre de domaines. A 16 ans, on peut travailler, obtenir son émancipation, créer ou adhérer à une association, conduire, s’immatriculer à la Sécurité Sociale, choisir son médecin traitant… Les jeunes de  16 ans sont aussi, ne l’oublions pas, responsables pénalement. Pour quelle raison ne pourrait-on pas à 16 ans accéder au premier des droits civiques : celui d’élire nos représentants ? Serait-on à 16 ans suffisamment matures pour payer ses impôts, reconnaître un enfant, faire son testament, mais pas pour avoir une pensée politique libre et indépendante ? 

Pour développer pleinement cette pensée libre et indépendante, le droit de vote à 16 ans devra être accompagné d’un renforcement de l’éducation citoyenne au lycée. Nous proposons d’organiser des débats d’idées dans les cours de philosophie ou d’histoire et de refonder les cours d’Enseignement Moral et Civique (EMC). Cette discipline aujourd’hui négligée devrait permettre de donner les bases nécessaires à la compréhension du système politique actuel et aux jeunes de se forger un esprit critique. La « Journée Défense et Citoyenneté́ » pourrait également inclure une introduction au fonctionnement de la vie publique. Nous sommes convaincus que l’abstention qui touche aujourd’hui les jeunes est moins le résultat d’un manque d’intérêt que d’un déficit d’initiation à la vie politique et citoyenne. On ne vote pas sans savoir pourquoi on vote.

Plusieurs pays en Europe ont déjà franchi le pas du droit de vote à 16 ans. C’est le cas en Autriche et à Malte. En Allemagne dans certains Lander, en Écosse et en Estonie, celui-ci est ouvert aux élections locales. D’autres pays dans le monde l’autorisent également au niveau national, tels que le Brésil, l’Argentine, le Nicaragua, Cuba ou encore la Slovénie. L’extension du droit de vote aux jeunes serait une nouvelle avancée démocratique. En France, après l’abolition du suffrage censitaire en 1848, le droit de vote des femmes en 1944, l’égalité de suffrage en outre-mer en 1946, le droit de vote à 18 ans en 1974 et la naissance de la citoyenneté européenne en 1992, le droit de vote à 16 ans en 2020 constituerait une nouvelle étape de franchie dans l’histoire de la conquête du suffrage.

Mobilisons-nous dès maintenant pour que l’engagement des 16-18 ans soit pris au sérieux le 8 octobre prochain, lors du débat parlementaire qui aura lieu sur le sujet.

Ensemble, faisons en sorte que, dès les prochaines échéances électorales, la jeunesse de notre pays puisse prendre part aux décisions qui la concernent !

#JEVOTEA16ANS

 

ILS ET ELLES ONT DÉJÀ SIGNÉ LA PÉTITION :

Elu.e.s

Paula Forteza (députée, co-présidente du groupe Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Matthieu Orphelin (député, co-président du groupe Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Clémentine Autain (députée La France Insoumise) ;

Delphine Bagarry (députée Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Delphine Batho (députée Ecologie Démocratie Solidarité, présidente de Génération Ecologie) ;

Julien Bayou (secrétaire national d’Europe-Ecologie-Les-Verts) ;

Ugo Bernalicis (député La France Insoumise) ;

Emilie Cariou (députée Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Guillaume Chiche (député Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Eric Coquerel (député La France Insoumise) ;

Alexis Corbière (député La France Insoumise) ;

David Cormand (eurodéputé Verts / Alliance Libre Européenne) ;

Yolaine de Courson (députée Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Frédérique Dumas (députée Libertés et Territoires) ;

Caroline Fiat (députée La France Insoumise) ;

Albane Gaillot (députée Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Raphaël Glucksmann (député européen Socialistes & Démocrates) ;

Aurélie Gros (maire de Coudray-Montceaux) ;

Yannick Jadot (député européen Europe-Ecologie-Les-Verts) ;

Sandrine Josso (députée MoDem) ;

Hubert Julien-Laferrière (député Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Marietta Karamanli (députée Parti Socialiste) ;

Bastien Lachaud (député La France Insoumise) ;

Marion Lenne (députée La République en Marche) ;

Jean-Luc Mélenchon (député, président du groupe La France Insoumise) ;

Sébastien Nadot (député Ecologie Démocratie Solidarité, président du Mouvement des progressistes) ;

Danielle Obono (députée La France Insoumise) ;

Anthony Palermo (maire de Saint-Eloy-les-Mines) ;

Mathilde Panot (députée La France Insoumise) ;

Pierre Person (député La République en Marche) ;

Valérie Petit (députée AGIR) ;

Eric Piolle (maire de Grenoble) ;

Loïc Prudhomme (député La France Insoumise) ;

Adrien Quatennens (député La France Insoumise) ;

Raphaelle Rémy-Leleu (conseillère de Paris) ;

Muriel Ressiguier (députée La France Insoumise) ;

Aurélien Taché (député Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Bénédicte Taurine (députée La France Insoumise) ;

Marie Toussaint (eurodéputée Verts / Alliance Libre Européenne) ;

Frédérique Tuffnell (députée Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Cécile Untermaier (députée Parti Socialiste) ;

Cédric Villani (député Ecologie Démocratie Solidarité) ;

Martine Wonner (députée Ecologie Démocratie Solidarité).

 

Associations, syndicats et mouvements politiques

Allons Enfants (parti politique) ;

ANACEJ – Association Nationale des Conseils d’Enfants et de Jeunes (association) ;

Animafac (association) ;

Climates (association) ;

Coexister (association) ;

FIDL – Fédération indépendante et démocratique lycéenne (syndicat lycéen) ;

FFJ – Forum Français de la Jeunesse (association) ;

Génération Villani (mouvement politique) ;

MNL – Mouvement national des lycéens (syndicat lycéen) ;

Nous Demain (mouvement politique) ;

Scouts et Guides de France (association) ;

Tous élus (association) ;

UNEF – Union nationale des étudiants de France (syndicat étudiant) ;

UNL – Union nationale des lycéens (syndicat lycéen) ;

Youth Forum – Forum Européen pour la Jeunesse (association).

 

Personnalités engagées et chercheur.e.s

Dominique Bertinotti (ancienne ministre de la famille) ;

Loïc Blondiaux (professeur à l’université Paris I, membre de la Commission Nationale du Débat Public) ;

Louis Boyard (ancien président de l’UNL lycéen) ;

Céline Braconnier (professeure de science politique à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye) ;

Andréas Chaïb (président du think-tank Génération d’Avenir) ;

Julien Damon (professeur associé à Sciences Po) ;

Dorian Dreuil (militant associatif, auteur du “Plaidoyer pour l’engagement citoyen”) ;

Clairanne Dufour (ancienne présidente d’Avenir Lycéen) ;

Camille Etienne (porte-parole du mouvement “On est Prêts”) ;

Diana Fillipova (fondatrice de Stroïka) ;

Samuel Grzybowski (entrepreneur social, fondateur de Coexister) ;

Mathilde Imer (initiatrice des Gilets Citoyens) ;

Armel Le Coz (Co-fondateur de Démocratie Ouverte) ;

Elliott Lepers (directeur de l’ONG Le Mouvement) ;

Enrico Letta (ancien Président du Conseil Italien, doyen de la PSIA de Sciences Po) ;

Clément Mabi (chercheur à l’UTC Compiègne) ;

Charlotte Marchandise (candidate citoyenne Laprimaire.org en 2017) ;

Anne Muxel (directrice de recherche au CEVIPOF) ;

Christian Paul (ancien député et ancien Secrétaire d’Etat chargé de l’Outre-Mer) ;

Yves Sintomer (professeur à université Paris 8) ;

Rooh Savar (président de SINGA) ;

Romain Slitine (auteur du livre “Le coup d’Etat citoyen”) ;

Quitterie de Villepin (initiatrice du collectif Ma Voix).