Citoyenneté et quartiers populaires

Dans quelle mesure l’environnement social influe-t-il sur les mobilisations électorales et sur les votes ?

En France, comme aux Etats-Unis, la démobilisation électorale affecte prioritairement les milieux populaires… et elle se joue dès la phase de l’inscription sur les listes électorales.
Les transformations structurelles du monde social, porteuses d’une ségrégation  sociale et spatiale, se doublent  donc d’une authentique ségrégation électorale.

Comprendre la démobilisation électorale qui affecte prioritairement les milieux populaires, telle est l’ambition des travaux de recherche initiés par Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen dans l’ouvrage « La démocratie de l’abstention ».

Cet ouvrage est le résultat d’une étude longitudinale qui a débuté dans un quartier de Saint-Denis en 2002 à l’occasion de l’élection présidentielle.

Cette enquête a perduré depuis la publication des premiers résultats en 2007 et intègre, depuis, tous les scrutins électoraux.  Les deux chercheurs, à travers la Chaire Citoyenneté, poursuivent leur terrain afin de rendre compte des transformations du quartier et des évolutions des comportements électoraux des habitants.

Comprendre en profondeur ce dont les votes sont faits

Un projet plus que jamais d’actualité

Le second tour de l’élection présidentielle, dimanche 7 mai 2017,  a été marqué à la fois par une forte abstention (12 millions d’électeurs inscrits) et par un grand nombre de votes blancs et nuls (4 millions).

25,44 % | Abstention

3,2 points | Évolution de l'abstention

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C’est le taux le plus élevé lors d’un second tour depuis l’élection présidentielle de 1969.

Ces 3,2 points de progression en 5 années méritent d’être considérés, car ils sont nourris par une progression des inégalités sociales de participation électorale. L’abstention demeure un phénomène très largement déterminé socialement.

Quels sont les motifs et les modalités de cette démobilisation électorale ? Comment et dans quelle mesure jouent les phénomènes d’identification ?

icon-page-projet-loupeMesurer l’impact de l’environnement social sur les mobilisations électorales et sur les votes des individus.

Comprendre la vie, les choix politiques et le rapport aux institutions des habitants de territoires très différents et mesurer l’évolution de leur vote.

Décrypter les trajectoires de socialisation primaire et secondaire des individus résidant dans le quartier

Déterminer le niveau de politisation et l’identité politique des interrogés

Identifier les facteurs de politisation, de non politisation ou de dépolitisation et identifier le point de bascule politique

Comprendre et analyser leur vision, ancrage et socialisation au sein du quartier

ENQUÊTE QUANTITATIVE

ENQUÊTE QUALITATIVE

Une approche localisée

ENQUÊTE QUANTITATIVE

Passation d’un questionnaire « Vie et opinion » chez l’habitant, dans la cité étudiée de Saint-Denis

  • Questionnaire d’une centaine de questions réalisé en porte-à-porte

Réalisation de questionnaires sortie d’urnes :

  • Passation de questionnaires en face à face / auto-administrés
  • A chaque scrutin électoral
  • Deux bureaux étudiés : l’un à Saint-Denis et un second à Paris pour pouvoir établir un point de comparaison

ENQUÊTE QUALITATIVE

Réalisation d'entretiens semi-biographiques chez l’habitant, dans la cité étudiée de Saint-Denis

Entretiens axés sur :

  • l’ancrage et les visions et du quartier
  • l’impact de la socialisation primaire et secondaire sur la politisation des individus
  • l’identité politique et le niveau de politisation
  • l’exposition et la mémorisation des informations politiques (médias)
  • le rapport aux institutions, à la politique …