Le coût de l’inscription sur les listes électorales et ses conséquences sur la composition de l’électorat

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Le coût de l’inscription sur les listes électorales et ses conséquences sur la composition de l’électorat.

Dans de nombreux de pays les citoyens doivent s’inscrire sur les listes électorales avant le vote. Cet article, basé sur une expérimentation, met en évidence l’impact de cet obstacle supplémentaire sur la taille et la composition de l’électorat.

Cet article, basé sur une expérimentation, met en évidence l’impact de cet obstacle supplémentaire sur la taille et la composition de l’électorat.

Une expérience randomisée à grande échelle conduite pendant les élections présidentielles et parlementaires françaises de 2012 montre que les exigences d’inscription sur les listes électorales ont des effets significatifs sur le taux de participation, aboutissant, de fait, à une participation inégale.

20,500 appartements ont ainsi été assignés respectivement à des groupes test et de contrôle.
Les groupes de traitement (test) ont reçu une intervention extérieure, à domicile ; des interventions menées sous un format graduel allant de la simple information sur l’inscription électorale à l’inscription à domicile.
Tandis que les interventions à visée informatives ou d’aide à l’inscription ont augmenté le taux d’inscription (en comparaison des groupes de contrôle), les inscriptions électorales à domicile ont eu un impact nettement supérieur.
L’impact des interventions menées sur les groupes test indique ainsi qu’il existe un réel « coût administratif de l’inscription sur les listes électorales ».
Cette expérimentation a donc permis, dans les groupes test ,d’inclure des citoyens supplémentaires au jeu électoral ; citoyens qui auraient probablement moins voté que ceux qui se seraient inscrits de toute façon. Les résultats suggèrent que la réduction des exigences administratives d’inscription sur les listes électorales peut considérablement augmenter la participation politique et améliorer la représentation de groupes marginalisés.

À PROPOS DES AUTEURS

Céline Braconnier est professeure de science politique à l’Université de Cergy-Pontoise, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et directrice de la Chaire Citoyenneté

Jean-Yves Dormagen est professeur des universités en science politique  à l’Université de Montpellier 1et directeur de la Chaire Citoyenneté

Vincent Pons est assistant professeur à Harvard Business School