L’abstention, un indicateur d’exclusion politique

ACTUS MÉDIAS

L’abstention, un indicateur d’exclusion politique

Céline Braconnier invite les communicants publics, en prévision des municipales, à comprendre les inégalités de participation alors même que les modalités d’inscription sur les listes électorales viennent de changer.

Actus médias : L’abstention, un indicateur d’exclusion politique

par Céline Braconnier, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, directrice de la Chaire Citoyenneté, pôle de recherche en innovation publique de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye.

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QUAND L’ABSTENTION DÉFIGURE LA DÉMOCRATIE

On n’avait jamais aussi peu voté en France pour des élections nationales. Largement majoritaire, l’abstention a atteint pour le 2ème tour des législatives de 2017 le niveau record qu’elle avait enregistré en 2014 pour les Européennes : 57%.

En l’espace d’une seule législature, la démobilisation qui affecte ce scrutin fondateur de la démocratie républicaine depuis la fin des années 1980 a donc cru de 15 points. Et encore ces chiffres occultent-ils l’ampleur réelle du non vote. Si l’on tient compte des plus de 5 millions de non inscrits (11% du corps électoral potentiel) ce sont, en réalité, près de 30 millions de citoyens qui n’ont pas pris part cette année au choix de leur représentant à l’Assemblée. Davantage contenue à la présidentielle, la démobilisation électorale y a néanmoins également progressé si on prend pour point de référence les précédents scrutins : 22,2 % d’abstention lors du 1er tour de 2017 contre 20,5% en 2012 et 16,2% en 2007 ; 25,4% pour le 2ème tour, contre 19,7% en 2012 et 16 % en 2007. Cette hausse significative de l’abstention en l’espace de 10 ans mérite d’autant plus d’être considérée que tout laisse penser qu’elle est nourrie par une progression sans précédent des inégalités sociales de participation. Avec pour conséquence que même la présidentielle semble désormais menacée de perdre sa capacité à maintenir les plus éloignés de la politique dans la civilisation électorale.

Source : Cap’ Com