La Minute Recherche_Marie Neihouser

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LA MINUTE RECHERCHE

« Le blogage ne permet pas à des citoyens ordinaires de prendre la parole en politique »

L’avènement du Web 2.0 et des blogs ont donné naissance à un discours cyber-optimiste selon lequel la parole pourrait s’ouvrir.

« Le Web reste en quelque sorte une nébuleuse. »

La question du renouveau de l’engagement citoyen par les TIC partage la communauté scientifique entre, d’un côté, les cyber-optimistes et, de l’autre, les cyber-réalistes. Alors que pour les premiers, le numérique permettrait à un nombre important de profanes de prendre la parole, notamment politique, en ligne, et serait par-là susceptible de renouveler la composition du personnel mais surtout du public « traditionnel » de la politique ; pour les seconds, au contraire, les arènes numériques politiques ne seraient investies que par des acteurs disposant d’une expertise politique préalable souhaitant profiter de nouveaux espaces d’expression pour faire valoir leurs intérêts.

En s’appuyant sur les pratiques de blogage politique et en tenant compte de la multiplication des usagers du Net, Marie Neihouser, post-doctorante à l’université de Laval (Québec) démontre que, comme la participation politique traditionnelle, le blogage politique reste statistiquement réservé à des personnes déjà engagées dans ce domaine, qu’elles soient journalistes, élues ou militantes.

 

« Comme pour la participation politique traditionnelle, il y a une sorte de « cens caché » qui opère et qui fait que des gens moins dotés vont moins s’exprimer sur les blogs politiques. »

 

A l’heure où les réseaux sociaux ont remplacé les blogs, s’engager politiquement sur le Web semble toujours relever de déterminants sociaux.

À PROPOS DE L’AUTEUR

Marie Neihouser est post-doctorante à l’université Laval (Québec). Ses travaux portent sur la sociologie, l’usage des réseaux sociaux et du Web 2.0 en politique.

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