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"La procuration, c'est le vote de ceux qui peuvent partir"

Le vote par procuration est un vote de classe, celui d’une classe électoralement mobilisée qui vote même quand elle ne peut le faire.

« Le vote par procuration c’est le vote de ceux qui peuvent partir au moment du scrutin, et qui ont ainsi le bénéfice, à la fois, de leur déplacement et du fait de pouvoir exprimer leur opinion politique »

 

Baptiste Coulmont, dans un article publié avec Arthur Charpentier et Joël Gombin, « Un homme, deux voix. Le vote par procuration », a travaillé sur les déterminants sociaux d’une pratique résolument accrue par la mobilité des individus.

 

Selon les auteurs, le vote par procuration est celui d’une «classe électoralement mobilisée, qui vote même quand elle ne peut le faire». Les personnes qui votent par procuration sont donc des personnes qui auraient voté si elles avaient été présentes. Ce dispositif n’impacterait donc pas l’abstention constante puisque, « dans les faits, il ne permet pas à des personnes qui n’auraient pas voté, d’aller voter ».

 

Cette « classe électoralement mobilisée » se retrouve dans la distribution géographique de l’électorat. Les bureaux de vote dans lesquels il y a la  « proportion de cadres, de diplômés du supérieur, de propriétaires » la plus élevée (à Paris, ceux du Ve, VIe ou XVIe par exemple) , sont ceux où l’on observe les plus forts taux de vote par procuration.

Baptiste Coulmont, Arthur Charpentier, Joël Gombin

Un homme, deux voix. Le vote par procuration, La vie des idées, La Vie des Idées, 2014.

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À PROPOS DE L’AUTEUR

Baptiste Coulmont est maître de conférences à l’université Paris 8 et a effectué des délégations pour recherches au CNRS puis à l’INED. Il a notamment travaillé sur la sociologie des prénoms, les sex-shops, et plus récemment, sur le vote par procuration.

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