L’échantillon démographique permanent : avantages de la méthode

ACTUS MÉDIAS

L'échantillon démographique permanent : avantages de la méthode

Quels avantages les enquêtes sur la participation électorale de l’INSEE présentent-elles par rapport aux sondages traditionnels ?

Rencontre avec C. Braconnier, B. Coulmont et J-Y. Dormagen

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À la différence des sondages d’opinion, la procédure de sélection de l’échantillon de l’enquête sur la participation électorale ne suppose ni consentement, ni même prise de contact avec les enquêtés. Ces enquêtes échappent ainsi aux biais de sélection ou d’auto-sélection qui affectent les sondages sur les comportements électoraux. La grande taille de l’échantillon – 40 000 personnes (France métropolitaine) – autorise des stratifications fines qui conservent une bonne puissance statistique, ce qui se révèle précieux pour étudier les comportements minoritaires (les procurations, l’abstention
pour certaines présidentielles) ou certains groupes ciblés. L’enquête se distingue aussi par la richesse des informations disponibles au niveau individuel : en plus des variables du recensement, les données fiscales ou issues du fichier national des électeurs.
Enfin, la participation est relevée directement sur les listes d’émargement. L’enquête présente en conséquence un niveau de
réalisme et d’objectivité exceptionnel, indispensable lorsqu’il s’agit d’explorer un phénomène tel que l’abstention qui reste
encore aujourd’hui stigmatisé et donc potentiellement sous-déclaré. Elle offre un matériel remarquable et sans équivalent au niveau international pour traiter cette question.

Quels principaux enseignements tirer des dernières élections ?

La hausse de l’abstention enregistrée au cours de la séquence électorale de 2017 (réelle mais contenue à la présidentielle, spectaculaire pour les législatives) n’est pas, contrairement à ce qu’ont pu laisser penser les sondages au cours de la campagne, porteuse d’un processus d’égalisation des citoyens devant le vote. Au contraire, les inégalités socio-démographiques de participation n’ont fait que s’accroître au cours de la dernière décennie. Elles sont en premier lieu la
conséquence des inégalités de scolarisation le niveau de participation augmente régulièrement avec celui du diplôme. Elles
sont en second lieu déterminées par l’âge : entre 25 et 69 ans, le niveau de participation augmente parallèlement à l’âge. La dernière séquence électorale confirme aussi le fait que les personnes en famille votent plus fréquemment que les individus isolés.

Source : rapport d’activité INSEE 2017