Non-mal-inscrits : comment les ramener aux urnes

ACTUS MÉDIAS

Non-inscrits et mal-inscrits : comment les ramener aux urnes

Le niveau de diplôme, l’âge, le lieu d’habitation, et les modes d’acquisition de la nationalité restent les facteurs les plus discriminants de la mal-inscription et de la non-inscription. Dans un contexte de réforme des inscriptions sur les listes électorales, Céline Braconnier revient sur l’impact démocratique du nouveau calendrier et sur les enjeux politiques d’une campagne d’inscription calquée sur la campagne électorale.

La carte électorale – T I N Q U E U X

par Céline Braconnier, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, directrice de la Chaire Citoyenneté, pôle de recherche en innovation publique de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye.

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3 MILLIONS DE FRANÇAIS EN AGE DE VOTER SONT ABSENTS DES REGISTRES 

Alors qu’une réforme des inscriptions sur les listes électorales entre progressivement en vigueur, une nouvelle note de l’Insee montre que trois millions de Français en âge de voter sont absents des registres.

Elections législatives, présidentielle, européenne : chaque élection montre que les jeunes votent moins que les autres. Une étude de l’Insee parue cette semaine souligne aussi le faible taux d’inscription sur les listes électorales des trentenaires. Un phénomène qui se manifeste particulièrement chez les «jeunes hommes sans diplôme et dans des situations économiques précaires», précise à Libération Céline Braconnier, politiste et directrice de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye. A peine 57% des trentenaires sans aucun diplôme sont inscrits sur les listes électorales, quand c’est le cas pour 86% des bacheliers. «Le niveau de diplôme est le facteur sociodémographique qui discrimine le plus», écrivent Sébastien Durier et Guillaume Touré, les auteurs de la note de l’Insee Mais d’autres éléments entrent en ligne de compte : le lieu d’habitation, et les modes d’acquisition de la nationalité.

 

Pourquoi les personnes naturalisées sont moins inscrites ?

 

Les personnes naturalisées, sont surreprésentées parmi les non-inscrits, observe Céline Braconnier. 35 % des Français nés à l’étranger (né Français ou non) étaient non-inscrits notait en 2012 dans une autre étude l’Insee, contre 6 % pour ceux nés en France. Mais ces derniers bénéficient de l’inscription d’office depuis 2001, ce qui a «mécaniquement» réduit la non-inscription des jeunes, explique la politiste. Mais en cas de déménagement, s’ils ne sont pas accompagnés, «s’ils ne sont pas socialisés au vote et entraînés à s’inscrire, ils alimenteront la non-réinscription et donc l’abstention».

Source : Libération